Eddy Ferhi : Interview de fin de carrière

Le 16/05/2014

Interview eddy ferhi fin de carrière

Première partie de l'interview réalisée à la fin du match France - Slovaquie, le 19 Avril 2014, où la Fédération Française de Hockey sur Glace lui a rendu hommage pour l'ensemble de son oeuvre.

 

Pucknews : Des émotions de revenir dans cette patinoire à Grenoble, ça rappelle des souvenirs ?

Eddy Ferhi : Des émotions, que ça ! Mon après midi a été faite de toutes sortes de choses : déjà en arrivant, j'ai repris le Tram, je me suis balader dans Grenoble ... C'est le rappel d'un quotidien qui a été le mien pendant longtemps. Une ville pour laquelle j'ai beaucoup d'affection, et c'est pas qu'une façon de parler.

En arrivant ici, ça a été crescendo : les gens me reconnaissent devant, je croise des joueurs, des sourrirs. Ensuite le match commence, ça rappelle des sensations vécues.

L'hymne, le discours. J'avais une boule émotionnelle qui reste là, je suis content car j'ai pu tenir un speech cohérent.

 

C'est le club qui t'a le plus marqué dans ta carrière ?

Sans aucun doute, à plein de niveaux.

C'est un club magnifique, d'un point de vue sportif, en terme de structure d'organisation c'est déjà du haut niveau, déjà à l'époque.

C'est un club avec qui j'ai vécu, et je pense que ça y contribue, des moments magiques avec mes coéquipiers, des groupes années après années, parce que l'ossature restait fondamentalement la même, qui étaient des groupes incroyables. On aurait pas joué au hockey, on aurait été amis dans la vraie vie aussi, dans une autre vie ou autrement.

Des moments personnels aussi à ce niveau là fantastiques. L'accueil que j'ai reçu en arrivant ici, les différents témoignages, les gens ont été autant touchés que moi.

J'étais professionnel, disponible. A Anglet, c'était particulier, car je travaillais à côté. Le hockey faisait un peu moins parti de ma vie.

Même par rapport à mes années américaines, Grenoble reste mon club de coeur.

 

On sent une grande famille à cette époque là, et même après toutes ces années, on sent beaucoup de joueurs soudés. Sur le plan sportif ça fonctionnait bien, avec notamment ce quadruplé, mais en dehors aussi

On a tendance à dire qu'on avait une équipe en terme de niveau au dessus du lot. Je pense pas que joueur à joueur, on était pas supérieur à Briançon ou à Rouen.

Ce qui a fait la logique de ces années là, c'est ce groupe de français à la base qui a donné une ossature à ce club : des mecs comme Tartari ou Amar, j'avais envie de donner ce que je pouvais de mieux pour eux.

Les étrangers venaient s'inscrire dans ce schéma là. Il y en a plein avec qui on a su garder contact, car ils ont su rentrer dans cette forme de moule. Après, sur la glace l'alchimie transparaissait par le jeu, la cohésion, l'envie de se battre pour son voisin de vestiaire, pour son coéquipier.

C'est la raison principale pour laquelle on a réussit à gagner autant et à avoir autant de plaisir. C'est au dela du sportif, c'est vraiment l'humain.

 

Interview eddy ferhi banderole supporters

Ta relation avec les supporters, aussi un peu particulière, avec cette chanson : tu t'en souviens ?

C'est incroyable. C'était le moment le plus difficile pour moi sur la glace tout à l'heure. J'aurais pu facilement fondre en larmes.

C'est particulier, quand on est sportif, on l'apprécie c'est important. Mais à la fois, ça fait tellement parti des choses qu'on ne se rend pas forcément compte de la valeur que ça a.

Maintenant que c'est fini, les moments sportifs, les titres ... ça compte beaucoup évidemment dans une carrière, mais ce que je vais retenir et qui va me manquer c'est ma relation de coéquipiers, c'est le fait d'avoir des gens comme ça qui vous donne de l'affection, de l'amour, toute forme de reconnaissance profonde et sincère, parce que ça aille bien ou mal, ils sont là. Ils se déplacent pour venir voir un match de l'équipe de France, mais aussi pour donner de la voix pour vous. C'est quelquechose que les gens ont pas forcément en dehors du sport la chance de vivre. Pour ça je suis extrêmement reconnaissant à tout ce que le hockey, l'équipe de France, le club de Grenoble et son environnement m'ont apporté.

 

Retrouvez la suite de l'interview dimanche en fin de journée.